J’ai grandi avec l’idée que ma génération, celle des X, était une anomalie. Pas assez vieux pour être des baby-boomers nostalgiques des Trente Glorieuses, pas assez jeunes pour être des Millennials baignés dans le numérique dès le berceau. On nous appelait la « génération oubliée ». Et franchement, pendant longtemps, je me suis demandé si ce n’était pas vrai.

Puis j’ai commencé à creuser. À lire les études, à croiser les données, à parler avec des amis nés entre 1965 et 1980. Et là, j’ai compris une chose : on n’est pas oubliés. On est simplement invisibles aux yeux des clichés. Parce que notre histoire, elle est complexe, pleine de paradoxes, et surtout, elle raconte quelque chose d’essentiel sur le monde d’aujourd’hui.

Points clés à retenir

  • La génération X rassemble les personnes nées entre 1965 et 1980 environ.
  • Elle a grandi sans Internet, mais a dû s’adapter à la révolution numérique à l’âge adulte.
  • Son nom vient d’un article de 1965 dans le magazine « Woman’s Own » par Jane Deverson et Charles Hamblett.
  • Les X sont souvent décrits comme autonomes, indépendants, et sceptiques face aux institutions.
  • Ils représentent une part importante des cadres et des décideurs, mais aussi des « sandwichés » qui s’occupent à la fois de leurs enfants et de leurs parents vieillissants.
  • Leur rapport à la technologie est pragmatique : ils l’utilisent sans en être esclaves.

Pourquoi dit-on génération X ?

Ah, cette question, je me la suis posée des centaines de fois. La réponse est à la fois simple et fascinante. Le terme a été popularisé en 1965 par deux journalistes du magazine lifestyle britannique « Woman’s Own », Jane Deverson et Charles Hamblett. Ils voulaient décrire une génération de jeunes qui se cherchaient, qui rejetaient les codes de leurs parents sans encore savoir par quoi les remplacer. La lettre X, c’était ça : l’inconnue mathématique, l’identité en suspens.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le romancier Douglas Coupland a repris le terme en 1991 pour son livre « Generation X: Tales for an Accelerated Culture ». Et là, ça a explosé. Coupland décrivait des jeunes adultes désabusés, précaires, qui fuyaient le consumérisme. Bref, ça parlait à beaucoup d’entre nous.

Ce qui est marrant, c’est que le nom a collé à une époque où personne ne savait vraiment comment nous appeler. Ni les sociologues, ni les marketeurs. Et aujourd’hui encore, on est la génération la moins étudiée de toutes. Alors que c’est nous qui avons construit l’Internet tel qu’on le connaît, qui avons lancé les startups de la fin des années 90, et qui aujourd’hui dirigeons des entreprises. Ironique, non ?

Quelle est la caractéristique de la génération X ?

Si je devais résumer en un mot, je dirais : l’autonomie. On a grandi avec des parents qui travaillaient beaucoup (les baby-boomers), souvent absents. Du coup, on a appris très tôt à se débrouiller seuls. À rentrer de l’école avec la clé autour du cou, à se faire à manger, à gérer son temps.

Il y a une autre caractéristique qui me frappe : notre rapport à la technologie. On n’est pas des natifs numériques comme les Millennials, mais on n’est pas non plus des dinosaures. On a vu arriver le premier ordinateur, le premier téléphone portable, le premier réseau social. On a dû tout apprendre par nous-mêmes, et ça nous a rendus incroyablement adaptables.

Mais ce qu’on oublie souvent, c’est notre côté cynique et sceptique. On a grandi avec la crise du pétrole, le chômage de masse, l’émergence du sida. On a vu les promesses des Trente Glorieuses se fracasser contre la réalité économique. Résultat ? On se méfie des grands discours, des institutions, des patrons qui promettent la lune. On préfère les faits, les preuves, et un bon vieux plan de carrière solide.

Quelles sont les 7 générations ?

Bon, je vais être honnête : le nombre exact varie selon les experts. Mais si on prend les classifications les plus courantes, voici les sept générations reconnues depuis le début du XXe siècle :

Quelles sont les 7 générations ?
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  • Génération Perdue (1883-1900) : ceux qui ont vécu la Première Guerre mondiale.
  • Greatest Generation (1901-1927) : celle de la Grande Dépression et de la Seconde Guerre mondiale.
  • Génération Silencieuse (1928-1945) : nés pendant la guerre, souvent conformistes.
  • Baby-Boomers (1946-1964) : l’après-guerre, l’optimisme, la croissance.
  • Génération X (1965-1980) : la nôtre, entre deux mondes.
  • Génération Y / Millennials (1981-1996) : les natifs numériques, les premiers à avoir grandi avec Internet.
  • Génération Z (1997-2012) : nés avec un smartphone dans la main.

Et depuis, on a même ajouté la Génération Alpha (2010-2025), les premiers enfants du XXIe siècle. Mais sept, c’est le chiffre qui revient le plus souvent dans les études sérieuses.

Quel âge ont les X ?

Calcul simple : si la fourchette est 1965-1980, en 2025, les X ont entre 45 et 60 ans. Ce sont des quinquagénaires et des quadras tardifs. Et c’est là que ça devient intéressant : on est pile dans la « crise du milieu de vie », celle où on commence à regarder en arrière et à se demander si on a fait les bons choix.

Quel âge ont les X ?
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Mais côté chiffres concrets, j’ai sous les yeux les données du recensement canadien de 2021 (toujours utiles, ces stats). À ce moment-là, les X représentaient environ 25 % de la population active. Et pour la première fois, les Millennials les dépassaient en nombre dans les grandes villes comme Toronto ou Montréal. On n’est plus les plus jeunes, mais on est loin d’être en retraite.

Génération X sacrifiée ?

J’ai vu passer le terme « génération sacrifiée » sur pas mal de forums. Et je dois dire qu’il y a du vrai. On a commencé notre carrière dans les années 90, juste après les grandes restructurations. On a connu la précarité des premiers CDD, l’explosion de l’intérim, et la difficulté à acheter un logement quand les prix ont commencé à flamber.

Mais voilà : on a aussi été les premiers à profiter de la bulle Internet. J’ai des potes qui ont monté des boîtes en 1999, qui ont levé des fonds, qui ont tout perdu, puis qui ont recommencé. On a appris à encaisser les coups. Et aujourd’hui, ceux qui ont survécu à cette période sont souvent les plus résilients du marché du travail.

Je pense à un ami, Marc, 52 ans. Il a été licencié trois fois en vingt ans. Chaque fois, il a rebondi. Aujourd’hui, il dirige une PME de 40 personnes. Il dit toujours : « Moi, on m’a appris qu’il fallait bosser dur et ne compter que sur soi-même. Et ça, ça ne s’oublie pas. » C’est peut-être ça, notre vraie caractéristique : on a arrêté d’attendre que l’État ou l’entreprise nous sauve. On a pris les choses en main.

Génération X en entreprise : le fossé invisible

Depuis que j’écris sur ce sujet, je reçois des messages de RH qui me disent : « On n’arrive plus à recruter des X, ils sont trop exigeants ». Et de l’autre côté, des X qui me confient : « On ne comprend plus rien, les jeunes veulent du télétravail et des congés illimités. » C’est un vrai clash générationnel.

Le problème, c’est que les X ont une culture du travail très différente des Millennials. Pour nous, un bureau, c’est un lieu où on va pour montrer qu’on bosse. Le présentéisme, ça a son importance. On a été formés comme ça. Mais avec la pandémie, tout a volé en éclats. Et beaucoup d’entre nous ont découvert le télétravail… et ont adoré.

Franchement, je pense que les entreprises qui ne font pas l’effort de comprendre ces deux générations vont droit dans le mur. Les X ont l’expérience, le réseau, la sagesse. Les Y ont l’énergie, la créativité, la maîtrise technologique. Les deux sont indispensables. Mais pour ça, il faut arrêter de les opposer et commencer à les faire collaborer.

Leur consommation est mal comprise

Si on regarde les données marketing, les X sont souvent décrits comme « fidèles à la marque », « peu sensibles aux tendances ». C’est vrai dans les grandes lignes, mais c’est plus nuancé que ça. J’ai mis des années à comprendre pourquoi je n’accrochais pas aux pubs qui parlent aux Millennials. Et la réponse est simple : on n’a pas les mêmes codes.

Les X préfèrent les marques qui racontent une histoire authentique, qui ont une certaine robustesse. Pas de blabla, pas de storytelling artificiel. On veut du concret, du solide. C’est pour ça que des marques comme Patagonia ou Levi’s (des marques « old school ») marchent très bien avec nous. On a grandi avec elles, et elles ont tenu le coup.

Autre point : on dépense moins que les Millennials dans les loisirs numériques (abonnements streaming, jeux vidéo), mais beaucoup plus dans les expériences réelles : voyages, gastronomie, rénovation immobilière. On a des maisons, des enfants, des crédits. On est dans une logique de consommation raisonnée et durable.

Pourquoi la génération X est incontournable dans le débat actuel ?

Voilà ce que j’ai compris après des années à gratter le sujet : les X sont le pont entre deux mondes. Entre le monde analogique des baby-boomers et le monde hyperconnecté des Millennials. On a vu le minitel devenir Internet. On a vu le fax céder la place à l’email. On a vu les CD devenir du streaming.

Cette double appartenance nous donne une capacité unique à faire le lien entre les anciens et les nouveaux. Dans une réunion, on peut parler avec le fondateur de 65 ans et avec le stagiaire de 22 ans. On comprend les deux langages. C’est une force énorme, mais on la sous-estime totalement.

Alors oui, on est peut-être la génération oubliée. Mais c’est aussi notre super-pouvoir : on n’a pas besoin de faire de bruit pour agir. On est discrets, efficaces, et on tient le cap. Et franchement, dans le monde chaotique d’aujourd’hui, c’est une qualité qui vaut de l’or.

Au final, je me dis que le nom « Génération X » n’est pas un hasard. Il décrit parfaitement cette inconnue, cette zone grise qu’on occupe. Et c’est peut-être ça, notre vraie valeur : être l’équation que personne n’a encore résolue.